Mon grand-père avait le doux prénom d’Electa ! J’en garde un souvenir diffus d’un personnage assez distant dont l’excentricité n’était pas cachée par la famille.
J’ai entendu raconter que pendant la guerre, il venait à La Tagnière pour se ravitailler… en vélo ! Vingt-cinq kilomètres de routes dans un paysage vallonné. Or, il n’était pas, disait-on, un as de la petite reine aussi descendait-il du bicycle… dans les descentes, de peur de se laisser entraîner trop vite !
Sa grande passion de retraité était le jeu de cartes. Il jouait tous les jours dans un café du centre-ville du Creusot avec une bande d’amis et j’ai souvenance qu’on racontait qu’il se laissait parfois tromper quant à la divination du contenu de son jeu (très important au tarot) par les glaces qui garnissaient les murs de l’établissement.
Lui et sa femme Louise (née Bretin, 18 ??-19 ??) avaient eu deux enfants : ma mère Jeanne et son frère Jean dont la mort jeune (190?-19 ??) a toujours été un sujet à ne pas aborder dans le cercle familial. Tout au plus, mon père m’avait laissé entendre qu’encore étudiant à Paris, il avait préféré faire la fête plutôt que s’adonner à ses études. Quelles étaient-elles, ces études ? Les Beaux-Arts ? Je ne saurais m’avancer. Toujours est-il que lorsque j’ai commencé à manifester quelle velléité artistique dans l’écriture, on m’a laissé entendre que ce personnage peu évoqué pouvait avoir déteint sur moi !
Parmi ses auteurs préférés dont il m’a laissé des livres, il y avait :
Et quelques Ponson du Terail (1829-1871).