Electa VERNET (1875- 1957)

Mon grand-père avait le doux prénom d’Electa ! J’en garde un souvenir diffus d’un personnage assez distant dont l’excentricité n’était pas cachée par la famille.
 
J’ai entendu raconter que pendant la guerre, il venait à La Tagnière pour se ravitailler… en vélo ! Vingt-cinq kilomètres de routes dans un paysage vallonné. Or, il n’était pas, disait-on, un as de la petite reine aussi descendait-il du bicycle… dans les descentes, de peur de se laisser entraîner trop vite !
 
Sa grande passion de retraité était le jeu de cartes. Il jouait tous les jours dans un café du centre-ville du Creusot avec une bande d’amis et j’ai souvenance qu’on racontait qu’il se laissait parfois tromper quant à la divination du contenu de son jeu (très important au tarot) par les glaces qui garnissaient les murs de l’établissement.
 
Lui et sa femme Louise (née Bretin, 18 ??-19 ??) avaient eu deux enfants : ma mère Jeanne et son frère Jean dont la mort jeune (190?-19 ??) a toujours été un sujet à ne pas aborder dans le cercle familial. Tout au plus, mon père m’avait laissé entendre qu’encore étudiant à Paris, il avait préféré faire la fête plutôt que s’adonner à ses études. Quelles étaient-elles, ces études ? Les Beaux-Arts ? Je ne saurais m’avancer. Toujours est-il que lorsque j’ai commencé à manifester quelle velléité artistique dans l’écriture, on m’a laissé entendre que ce personnage peu évoqué pouvait avoir déteint sur moi !
Parmi ses auteurs préférés dont il m’a laissé des livres, il y avait :
  • Michel Zévaco (1860-1918) : dont il m’a laissé 12 titres, manifestement achetés d’occasion dans les célèbres collections : Le livre Populaire de Arthème Fayard (1906-1913) et Le Livre National des Editions Tallandier (1920-1926) ;
  • Walter Scott (1741-1832) : dont il m’a laissé 6 titres dont certains, datés de 1927, acquis directement par la poste de la Librairie Mercure, 69, Boulevard Saint Germain, Paris
  • Gustave Aimard (1818-1883) : 22 titres publiés chez A. Fayard Editeurs.
  • Fenimore Cooper (1789-1851), 7 titres dont Le dernier des Mohicans, Le tueur de daims, etc.
  • Bernard Nabonne (1897-1951) avec « Maïténa, prix Renaudot 1927 acquis directement par la poste de la Librairie Mercure, en 1938.
  • Mais aussi quelques livres des Editions de France, Les Belles Editions, Bibliothèque reliée PLON, etc.
Et quelques Ponson du Terail (1829-1871).
Tous en très bon état de conservation.
 
Apparemment, il commandait directement ses « classiques » à Paris, notamment à la Librairie Moderne, P. Boulinier, 19, Boulevard Saint-Michel et au Royal Windsor, 28, rue d’Enghien, Paris (contre remboursement) mais aussi à Chalon-sur-Saône (F. Foret & Cie, 28 rue Fructidor).
 
Bref, une petite bibliothèque hétéroclite et précieuse d’une centaine de livres que je conserve pieusement.
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